Vous êtes ici : Accueil > Actualités > EURL, SASU, SARL ou SAS : quelle structure est la plus avantageuse fiscalement ?

EURL, SASU, SARL ou SAS : quelle structure est la plus avantageuse fiscalement ?

10/08/2026
EURL, SASU, SARL ou SAS : quelle structure est la plus avantageuse fiscalement ?
Comparez la fiscalité EURL, SASU, SARL et SAS : cotisations, dividendes, revenu net disponible selon votre profil

Au troisième trimestre 2025, l'INSEE enregistrait 47 219 créations de SAS/SASU contre 16 501 pour les SARL/EURL, soit une progression de 11,2 % en faveur des premières. Pourtant, le régime d'imposition seul ne suffit jamais à déterminer la structure la plus avantageuse : il faut intégrer simultanément les cotisations sociales du dirigeant, le traitement fiscal des dividendes et le revenu net réellement disponible. Cette comparaison entre EURL, SASU, SARL et SAS sur le plan de la fiscalité reste l'une des questions les plus complexes — et les plus décisives — pour tout créateur d'entreprise. Chez Comptexxia, expert-comptable installé à Calais, nous accompagnons au quotidien des dirigeants confrontés à cet arbitrage, en leur proposant des simulations personnalisées adaptées à leur situation réelle. Trois axes de comparaison permettent de trancher objectivement : le statut social du dirigeant, la fiscalité du bénéfice et des dividendes, et enfin le profil patrimonial du créateur.

Ce qu'il faut retenir
  • Jusqu'à environ 100 000 € de chiffre d'affaires, l'EURL/SARL avec gérant TNS offre un revenu net supérieur grâce à des cotisations sociales d'environ 45 % contre 75 à 82 % en SASU/SAS — soit un différentiel pouvant atteindre 12 600 € par an pour 3 000 € nets mensuels.
  • En SASU/SAS, les dividendes sont soumis uniquement à la flat tax de 31,4 % (PFU 2026), sans aucune cotisation sociale, tandis qu'en EURL/SARL, la fraction excédant 10 % du capital social supporte environ 45 % de cotisations TNS supplémentaires.
  • Le cumul SASU + ARE (Aide au Retour à l'Emploi) permet de conserver 100 % de ses allocations France Travail en ne se versant aucune rémunération — un levier d'amorçage structurellement inaccessible en EURL/SARL où les cotisations minimales TNS (supérieures à 1 500 €/an) sont dues même sans rémunération.
  • En cas de cession, les droits d'enregistrement s'élèvent à 0,1 % en SAS/SASU contre 3 % en SARL/EURL (économie de 14 500 € pour une cession à 500 000 €), et le dispositif d'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) permet de reporter l'imposition de la plus-value sous conditions.

Avant d'entrer dans le détail, rappelons les régimes fiscaux par défaut de chaque structure. L'EURL est soumise à l'impôt sur le revenu (IR) par défaut, avec une option pour l'impôt sur les sociétés (IS) activable à tout moment mais irrévocable au-delà de cinq ans. La SASU et la SAS relèvent de l'IS par défaut, avec une option IR limitée aux cinq premiers exercices sous conditions strictes. La SARL suit le même régime que la SAS — IS par défaut — sauf dans le cas particulier de la SARL de famille, qui constitue le seul régime permettant une transparence fiscale permanente (option IR sans limitation de durée) dans une structure multi-associés. Ce régime est particulièrement avantageux dans deux cas précis : lorsque les associés ont une TMI nulle ou à 11 % et souhaitent éviter l'IS, ou lorsque la société génère des déficits récurrents que les associés peuvent imputer directement sur leurs revenus personnels — un levier inexistant à l'IS, où les déficits restent cantonnés à la société. Quant au barème de l'IS en 2026, il prévoit un taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles, puis 25 % au-delà, conformément à l'article 219-I du Code général des impôts. Pour sécuriser l'ensemble de vos déclarations fiscales, un accompagnement professionnel s'avère indispensable dès le choix du régime d'imposition.

TNS ou assimilé salarié : ce que cachent vraiment les cotisations sociales

Le statut du dirigeant constitue la variable fiscale et sociale la plus souvent sous-estimée dans la comparaison EURL, SASU, SARL et SAS en matière de fiscalité. Le gérant majoritaire de SARL ou l'associé unique d'EURL relève du régime des Travailleurs Non Salariés (TNS), affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Ses cotisations représentent environ 45 % de la rémunération nette.

Le président de SASU ou de SAS, quant à lui, est assimilé salarié et rattaché au régime général. Ses cotisations atteignent 75 à 82 % de la rémunération nette. L'écart est considérable : pour 3 000 € nets mensuels, le coût total s'élève à environ 4 350 €/mois en SARL/EURL contre 5 400 €/mois en SASU/SAS, soit un différentiel d'environ 12 600 € par an.

Cotisations minimales, trimestres de retraite et seuils concrets

Autre élément à connaître : un gérant TNS doit acquitter des cotisations minimales supérieures à 1 500 € par an, même sans se verser la moindre rémunération. Ces cotisations forfaitaires permettent malgré tout de valider jusqu'à 3 trimestres de retraite par an, sur une base forfaitaire de 5 409 € en 2026. Pour valider les 4 trimestres annuels, le revenu réel doit dépasser 7 212 € bruts (soit 4 × 150 SMIC horaire). À l'inverse, un président de SASU sans salaire ne paie aucune cotisation — mais n'acquiert aucun droit social et ne valide aucun trimestre, quelle que soit l'année. Pour bénéficier de l'ensemble des prestations sociales en SASU (arrêts-maladie, maternité/paternité, invalidité), le salaire brut annuel minimum est de 24 401 €. Pour valider seulement 4 trimestres de retraite par an, le minimum est de 7 212 € de salaire brut annuel. En dessous de ces seuils, certaines couvertures restent partielles ou absentes.

Réforme de l'assiette TNS 2026 : ce qui change concrètement

Depuis le 1er janvier 2026, la réforme de l'assiette sociale des TNS (décret n° 2024-688) introduit un abattement forfaitaire de 26 % sur le revenu professionnel brut pour calculer l'ensemble des cotisations. Cette simplification modifie l'impact selon le niveau de revenus : les TNS aux revenus modérés y gagnent en lisibilité, tandis que ceux dont les revenus dépassent 52 866 € peuvent voir leur cotisation maladie augmenter. Le nouveau taux de cotisation maladie peut en effet atteindre 8,5 % pour les revenus inférieurs à 3 fois le PASS (soit 144 180 €), contre un taux maximum de 6,70 % pour les artisans-commerçants avant la réforme. Cette hausse de 1,8 point sur la cotisation maladie peut représenter plusieurs centaines d'euros de charges supplémentaires pour les TNS dont les revenus se situent entre 52 866 € et 144 180 €.

Le cumul SASU + ARE : un levier d'amorçage souvent ignoré

Un président de SASU qui ne se verse aucune rémunération peut conserver intégralement ses droits ARE (Aide au Retour à l'Emploi) de France Travail, car l'absence de rémunération est assimilée à une absence d'activité salariée. Ce mécanisme permet de réinvestir 100 % des bénéfices de la SASU pendant la phase de démarrage, tout en maintenant un revenu de substitution — avantage structurellement impossible en EURL/SARL, où les cotisations minimales TNS (supérieures à 1 500 €/an) sont dues même sans rémunération.

Exemple concret : Aurélien Lefranc, ancien cadre commercial, dispose de 24 mois d'ARE à 1 850 € nets mensuels après un licenciement économique. Il crée une SASU à Calais pour lancer une activité de conseil en logistique. En ne se versant aucun salaire pendant les 18 premiers mois, il conserve l'intégralité de ses allocations — soit 33 300 € nets de revenus de substitution — tout en réinvestissant les 42 000 € de bénéfice réalisés dans la société. S'il avait opté pour une EURL, les cotisations minimales TNS (environ 1 500 € dès la première année) auraient réduit ses droits ARE par un mécanisme de cumul partiel, et ses bénéfices auraient été amputés d'autant.

À noter : L'ACRE 2026 n'est plus automatique : elle doit être demandée dans les 60 jours suivant l'immatriculation auprès de l'URSSAF, sous peine de perte définitive. L'exonération est plafonnée à 25 % des cotisations pour les revenus inférieurs à 75 % du PASS (36 045 €), dégressive entre 75 % et 100 % du PASS, et nulle au-delà. En SASU, l'ACRE ne s'applique que sur les charges patronales — son impact est donc plus limité qu'en EURL/SARL, où elle s'applique sur la totalité des cotisations TNS.

Protection sociale : l'impact à long terme entre EURL/SARL et SASU/SAS

La différence de cotisations se traduit directement sur les droits futurs du dirigeant. Un cadre assimilé salarié cotise à l'Agirc-Arrco et peut espérer une pension mensuelle de 2 500 à 3 000 € bruts. Un gérant TNS, affilié au régime complémentaire RCI, perçoit en moyenne environ 1 150 € bruts par mois. Aucun des deux statuts ne donne droit à l'assurance chômage, sauf cumul avec un contrat de travail subordonné effectif.

Le TNS dispose toutefois d'un avantage fiscal exclusif : la possibilité de souscrire des contrats Madelin (mutuelle, prévoyance, retraite) dont les cotisations sont déductibles du revenu professionnel. Pour une rémunération de 60 000 €, le plafond de déduction peut atteindre 8 045 € par an en vertu de l'article 154 bis du CGI. Sur le Plan d'Épargne Retraite (PER), l'écart est encore plus marqué : le plafond de déduction atteint 88 911 € par an pour un TNS contre 37 680 € pour un assimilé salarié. La Loi de Finances 2026 a en outre allongé la durée de report du plafond PER non utilisé de 3 à 5 ans : un dirigeant TNS n'ayant effectué aucun versement depuis 2022 dispose donc en 2026 d'un cumul de 4 années de plafond mobilisable en une seule fois — un levier de défiscalisation massif non disponible pour les assimilés salariés. À une tranche marginale d'imposition (TMI) de 45 %, l'écart de plafond PER représente jusqu'à 23 054 € d'économie d'impôt annuelle supplémentaire. Point de vigilance : le président de SASU qui ne se verse aucun salaire et perçoit uniquement des dividendes risque de déclencher la cotisation PUMa (Protection Universelle Maladie), pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros.

À noter : Depuis le 1er janvier 2026, les versements sur un PER réalisés à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Ce changement peut modifier significativement la stratégie d'épargne retraite des dirigeants proches de cet âge.

Simulation comparative pour 60 000 € de bénéfice : qui paie quoi ?

Prenons un bénéfice avant IS de 60 000 €. Le calcul de l'IS donne : 42 500 × 15 % + 17 500 × 25 % = 10 750 €. Le bénéfice net après IS s'établit à 49 250 €.

En SARL ou EURL avec un gérant TNS se versant 36 000 € de rémunération, les cotisations sociales représentent environ 16 200 € (45 %), laissant un revenu net disponible d'environ 19 800 € avant IR. En SASU ou SAS, pour un salaire brut identique de 36 000 €, les cotisations grimpent à environ 29 520 € (82 %). Le revenu net est inférieur, mais les dividendes distribués ensuite échappent aux cotisations sociales. Selon les données disponibles, jusqu'à environ 100 000 € de chiffre d'affaires, l'EURL à l'IS prend l'avantage grâce aux cotisations TNS moins élevées. Au-delà, la SASU rattrape progressivement grâce à l'absence de charges sur les dividendes.

Fiscalité des dividendes : l'angle décisif entre EURL et SASU

C'est ici que la comparaison bascule. Depuis janvier 2026, la flat tax (PFU) s'élève à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), suite à la hausse de la CSG actée par la LFSS 2026. En SASU ou SAS, les dividendes ne sont soumis qu'à cette flat tax, sans aucune cotisation sociale, quel que soit le montant distribué.

En SARL ou EURL, la situation est radicalement différente. La fraction des dividendes excédant 10 % du capital social, majoré des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé (CCA), supporte environ 45 % de cotisations TNS en plus de la flat tax. Prenons un exemple concret : avec un capital social de 10 000 € et 30 000 € de dividendes versés, le seuil de 10 % s'établit à 1 000 €. Les 29 000 € restants sont traités comme de la rémunération, générant environ 13 050 € de cotisations sociales supplémentaires.

Le conseil qui en découle est clair : en EURL ou SARL, il est essentiel de constituer un capital social et un CCA suffisants pour maximiser le seuil exonéré. Avec un capital de 1 €, la quasi-totalité des dividendes sera rechargée socialement, rendant le levier dividendes pratiquement nul.

Conseil : Si vous envisagez l'option IR en SASU pendant les cinq premiers exercices, soyez vigilant sur un piège fiscal concret : si la SASU a versé une rémunération au président dans l'année et que le dirigeant opte pour l'IR, cette rémunération est déjà incluse dans le résultat fiscal de la société. La redéclarer une seconde fois en « traitements et salaires » (case 1AJ) sur la déclaration 2042 conduit à une double imposition effective — une erreur non rattrapable après le délai de réclamation. De même, le gérant TNS de SARL/EURL qui déclare sa rémunération en case 1AJ au lieu de la case 1GB (article 62 du CGI) perd la déductibilité de l'ensemble de ses cotisations sociales, générant une sur-imposition irréversible.

Quel choix de structure selon votre profil et vos objectifs ?

Créateur solo : l'EURL à l'IR comme point de départ prudent

Si vous créez seul avec peu de visibilité sur votre chiffre d'affaires, l'EURL à l'IR constitue le point de départ le plus prudent. L'imposition reste directement proportionnelle au bénéfice réel : en cas de revenus faibles, elle est nulle ou marginale. L'option pour l'IS peut être activée ultérieurement, mais attention : le retour à l'IR devient irrévocable au-delà de cinq ans.

Rémunération prioritaire sous 100 000 € de CA : l'avantage TNS

Pour un objectif de rémunération principale avec un chiffre d'affaires inférieur à 100 000 €, l'EURL ou la SARL avec gérant TNS offre un revenu net supérieur à court terme, grâce à des cotisations plus basses. La combinaison contrats Madelin et PER permet de compenser les lacunes de couverture sociale tout en réduisant l'assiette imposable. Si votre stratégie repose sur une distribution importante de dividendes ou si votre chiffre d'affaires dépasse 150 000 €, la SASU ou la SAS devient le choix le plus pertinent, les dividendes étant intégralement soumis à la seule flat tax de 31,4 %.

Réinvestissement et structuration patrimoniale

Pour ceux qui souhaitent réinvestir leurs bénéfices, toutes les structures à l'IS permettent de conserver la trésorerie en société à un taux de 15 à 25 %, bien en deçà des tranches marginales de l'IR pouvant atteindre 45 %. La constitution d'une holding SAS amplifie cet effet via le régime mère-fille, qui exonère à 95 % les dividendes remontés de la filiale, soit une taxation effective d'environ 1,25 %.

Cession, investisseurs et apport-cession

Si vous envisagez une cession future, la SAS ou SASU présente un avantage patrimonial déterminant : les droits d'enregistrement ne représentent que 0,1 % sur les actions, contre 3 % sur les parts sociales de SARL. Pour une cession à 500 000 €, l'économie atteint 14 500 €. Le dispositif d'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI), modifié par la Loi de Finances 2026, constitue un levier complémentaire : il permet de reporter l'imposition de la plus-value lors de l'apport de titres à une holding avant cession. La LF 2026 a allongé le délai de remploi à 3 ans et porté le seuil de réinvestissement obligatoire à 70 % du produit de cession. Ce mécanisme, accessible aux SAS comme aux SARL, est particulièrement pertinent pour les dirigeants qui anticipent une cession à horizon 3 à 5 ans et souhaitent réinvestir le produit sans taxation immédiate. Enfin, pour accueillir des associés ou des investisseurs, la SASU se transforme en SAS sans formalité majeure, et permet la création de BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise), un dispositif d'intéressement inaccessible en SARL ou EURL.

À noter : La transformation d'une EURL en SASU (ou inversement) est possible sans dissolution ni création d'une nouvelle personnalité morale : les contrats en cours et les engagements de la société sont maintenus. Cette opération nécessite toutefois une modification des statuts, une publication d'annonce légale (200 à 500 €) et un dépôt de dossier au Guichet unique de l'INPI. Le coût total reste modéré mais ne doit pas être négligé dans le calendrier de la transformation.

  • CA inférieur à 100 000 € et rémunération prioritaire → EURL/SARL (TNS)
  • Distribution de dividendes significative ou CA supérieur à 150 000 € → SASU/SAS
  • Réinvestissement des bénéfices et structuration patrimoniale → IS + holding SAS
  • Projet de cession ou entrée d'investisseurs → SAS/SASU dès la création

L'arbitrage optimal entre EURL, SASU, SARL et SAS en matière de fiscalité dépend toujours du profil réel du dirigeant : niveau de rémunération visé, stratégie de distribution, horizon patrimonial, situation familiale. Un dirigeant qui ne met pas en place une stratégie fiscale adaptée laisse en moyenne 3 000 à 5 000 € chaque année entre les mains du fisc, faute d'exploiter les leviers disponibles — PER, Madelin, CCA, arbitrage rémunération/dividendes. Installé à Calais et intervenant également auprès d'entreprises situées à proximité de Coquelles et Marck, le cabinet Comptexxia accompagne les créateurs et dirigeants dans le choix de leur structure juridique, la mise en place de simulations chiffrées personnalisées et l'optimisation globale de leur fiscalité. Parce que chaque situation est unique, n'hésitez pas à solliciter notre équipe pour un diagnostic adapté à vos objectifs.